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Retour d'expérience, témoignage

Glossaire

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Avec un Agenda 21 assorti de nombreuses actions d’envergure, le CHU de Bordeaux est depuis plusieurs années un acteur majeur du développement durable dans le secteur de la santé. Il témoigne ici d’initiatives durables conçues et menées par des professionnels de santé. Des actions qui intègrent le développement durable dans les actes de soins.

Le DD au bloc opératoire

Le docteur Pauchard, anesthésiste réanimateur a mené plusieurs actions et études pour développer les pratiques écoresponsables au bloc opératoire.

Premier cheval de bataille : la réduction des quantités de gaz anesthésiants utilisés. La diminution de l’exposition aux gaz présente plusieurs bénéfices pour la santé des patients mais aussi pour les équipes de bloc et un bénéfice environnemental certain, puisque ces gaz sont polluants. Cette démarche a été menée de manière scientifique, avec plusieurs études cliniques qui viennent appuyer les résultats.

En complément, l’équipe du bloc opératoire a travaillé à la réduction des déchets, l’éco-conception des soins et les achats durables.

Pour aller au delà de ces initiatives personnelles et mettre au point un bloc opératoire plus responsable, plusieurs axes sont à prendre en compte :

  • La formation des futurs médecins et IBODE, qui n’intègre aujourd’hui que trop peu les notions de soins éco-responsables. Or il y a une réelle émulation parmi les soignants et para-médicaux pour renouveler certaines pratiques, à laquelle il faut répondre par des modules sur le développement durable dans les formations. La première thèse d’études de médecine sur le développement durable au bloc opératoire est d’ailleurs actuellement en cours de rédaction.

  • Le développement de filières de recyclage des DM, avec les industriels. La question de l’usage unique au bloc est un point de préoccupation, tant en termes de déchets produits, de perte de matériaux parfois précieux, que de coûts. Sur ce point les hôpitaux ont un rôle de prescripteur et d’influenceur de marché à jouer, en entrainant la filière industrielle dans des pratiques plus vertueuses.

  • Enfin, l’émulation entre professionnels et la force prescriptive des sociétés savantes peut faire avancer le débat. C’est pourquoi le docteur Pauchard a piloté la rédaction d’un guide du DD au bloc opératoire avec la SFAR (société française d’anesthésie réanimation), afin de montrer comment faire différemment tout en garantissant la qualité et l’hygiène des soins. Sur ce dernier point, il est avancé par plusieurs participants que les normes d’hygiène hospitalière vont souvent à l’encontre des pratiques éco-responsables et qu’une révision de certaines d’entre elles serait bienvenue.

La réduction des déchets dans un service imagerie

Au sein de son service d’imagerie, Sonia Zvorykin a animé une dynamique en vue de la réduction des déchets. Le point de départ a été un questionnement sur l’organisation et les pratiques : que peut-on faire mieux, différemment, pour jeter moins ? C’est ainsi que le circuit d’élimination des déchets a été revu et les conditionnements de DASRI réduits de 110 à 20 litres. Certains postes de collecte, mal placés donc peu utilisés ont été supprimés. La connaissance des équipes sur le tri a été améliorée en diffusant une information complète sur les filières et notamment sur les déchets devant être collectés comme des DASRI. Sachant que la collecte et l’élimination des DASRI est trois fois plus coûteuse qu’un déchet banal, il est important de bien identifier ces déchets.

La gestion des consommables de soins a également été profondément revue : lieux et conditions de stockage, réduction des gammes pour éviter le gaspillage, changement de conditionnement pour réduire les emballages, suppression de certains produits à usage unique comme les gobelets plastiques … Résultats, en 3 ans, le service a jeté 5500 sacs plastiques en moins, 1,3T de papier a été valorisée et la suppression des gobelets a généré une économie de 1300 €.

La réflexologie plantaire au service du patient

Dans le service de gastroentérologie où exerce Coraline Baldé, la charge émotionnelle vécue par les patients est très forte et le stress peut rendre difficile l’acte chirurgical. C’est une expérience professionnelle en Suisse qui a fait découvrir à la cadre de soins les bénéfices de la réflexologie plantaire. Cette technique douce permet en effet d’agir sur la douleur (en favorisant la mobilité), sur le transit, sur l’anxiété et sur le sommeil. En combinant tous ces aspects, le patient est plus facilement soigné et plus rapidement apte à sortir de l’hôpital. Un peu dubitative au départ, l’équipe a été convaincue de l’utilité de cette technique en voyant les résultats positifs sur les patients, impression confortée par des études et analyses chiffrées. Une pièce a donc été aménagée pour pratiquer la réflexologie sur les patients volontaires. Aujourd’hui, même les membres du service (voire d’autres services de l’hôpital), viennent eux aussi bénéficier de ces soins tant le bénéfice est grand en terme de bien-être et de réduction du stresse.

Le déploiement des actions

Pour passer d’initiatives personnelles isolées à une démarche globale et cohérente, il faut que le développement durable soit inscrit au projet d’établissement. Et c’est la robustesse des méthodologies qui permettra de déployer les pratiques. Si on peut montrer, grâce à des évaluations sérieuses, que le patient retire des bénéfices directs de ces pratiques, comme c’est le cas dans les exemples du CHU de Bordeaux, alors ces actions pourront avoir valeur d’exemple et être déployées à plus grande échelle. A l’établissement aussi de faire connaître ses actions, en interne et en externe, et d’en valoriser les bénéfices. Un coup de projecteur sur une action concrète et positive a un effet démultiplicateur certain.

Conclusion

L’engagement des soignants est renforcé par le partage de cette « nouvelle » valeur commune. Le développement durable ouvre de nouvelles perspectives aux équipes et permet de sortir du prisme unique de la performance financière, ce qui est bénéfique à tous.

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Date de parution : 21/12/2017

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